… car j'ai péché, OUI, j'ai péché ! J'ai cédé à l'infâmie, à l'ignominie, j'ai fauté, j'ai mal agit, et je me dois de me repentir. OUI, j'ai péché. J'ai mangé un petit plat surgelé tout prêt, acheté au petit casino du coin. J'AVOUE ! J'ai honte.

 

Il était environ 10h00 du matin. Depuis deux jours une abominable rhinopharyngite s'était emparée de mes narines qui rougeoyaient de plus en plus. Fatigue accumulée, un peu fiévreuse, la toux roque, la gorge brûlante... je n'avais aucun courage. Je suis arrivée au bout de mon dernier paquet de mouchoir et j'ai testé le papier toilette. Mais le papier toilette, ça fait un peu trop mal au nez et puis je ne voulais pas non plus épuiser les réserves de PQ. On sait jamais, une gastro est si vite arrivée quand on est faiblard.

 

Bref, ce n'était pas la grande forme et il me fallait des mouchoirs. J'ai pris mon courage à deux mains, et à deux pieds. Bien couverte alors qu'il faisait rien que 25 dehors, je me suis rendue jusqu'à la petite supérette du quartier, trainant mon petit chariot derrière moi. Je savais que j'allais aussi m'acheter de l'eau gazeuse, car j'aime en boire quand j'ai mal à la gorge, ça me fait de l'effet quand ça pétille. Et puis je savais que j'allais prendre plus qu'une boîte de mouchoir et qu'il me fallait par la même occasion, du pain.

 

Je marchais lourdement devant les bacs de surgelés. Vous savez, avec cet espèce de pas lourd, nonchalant, démotivé, me demandant ce que j'allais bien pouvoir me faire à manger le midi même, parce qu'en plus, j'étais tout seule, abandonnée par mon chéri qui devait aller donner son sang. Mais comme c'est pour sauver des gens, je le pardonne bien volontiers pour ça.

 

Et puis j'ai vu ces barquettes de plats surgelés. Et je me suis dit que ça devait être trop gras, trop salé et que même si ça se mange en plat de résistance, ils avaient surement trouvé le moyen de rajouter du sucre à la préparation pour rehausser le goût. Mais en même temps « Lasagnes au saumon », dit comme ça, ça m'intéressait. Et puis ça devait pas faire trop mal à la gorge. Et puis ça pouvait pas être si mauvais que ça, sinon il y en aurait pas dans le rayon. Pour 2 euros 41 me voici en possession de mon repas de midi. En plus la préparation était super simple : 7 minutes chrono au micro-onde. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

 

Je retournerai la question en « Pourquoi bouffer des bons plats maison quand on peut bouffer de la merde ? ». Lorsque j'ai ouvert la barquette, j'ai eu comme un sentiment d'effroi. Ca ne ressemblait pas vraiment à des lasagnes, à vrai dire, ça ne ressemblait à rien du tout. C'était un peu informe, pas très appétissant, ça avait l'air gluant. Mais toutefois, je n'ai pas trop gaspiller mon argent, donc, j'ai voulu assumé. Le saumon si tant est qu'il y en avait, était éparpillé en petit dés caoutchouteux et peu gouteux. De son côté, la sauce blanche était très salée et n'avait pour goût que … le sel ! Il y avait bien quelques légumes, enfin du moins j'ose présumer que les petits filets verts et oranges étaient en fait des poireaux et des carottes. Quand aux pâtes « lasagnes », on aurait dit qu'elles étaient fondues dans le mélange. Mais comme je le disais, j'ai assumé, et j'ai mangé jusqu'au bout...

 

… mais cette erreur m'a fait prendre une grande résolution : on ne m'y reprendra plus jamais, et en cas de flemmingite aigue associée à une rhinopharyngite ou toute autre affection affaiblissant mon organisme, j'irai au plus simple : une tranche de jambon, une tomate, une purée, une soupe, mais plus jamais un plat surgelé.