Non contente d'avoir déjà trois blogs, dont deux battent de l'aile – comprendre par là que j'ai du mal à les remplir en ce moment – j'ai eu cette folle idée, hier, d'un nouveau blog, entièrement consacré à la cuisine. « Folle idée », je ne sais pas. Les blogs cuisine foisonnent sur le net, ce n'est pas si original que ça. Pour tout vous expliquer, il se trouve que je me suis rendue compte qu'il y avait un thème transversale à mes trois blogs : la cuisine. Sur l'un j'y mets de temps en temps mes recettes gourmandes, sur l'autre, mes expériences en matière de gastronomie gersoise et sur le dernier, mes recettes équilibrées et mes histoires d'alimentation compliqué. Je me suis dit que concentrer cet intérêt croissant pour la cuisine sur un seul blog pourrait être sympa. Evidemment, de temps en temps, il y aura des « rediffusions », des « recyclages » d'articles déjà écrits sur les autres blogs, mais c'est surtout dans le but de tout réunir sur un même site.

Bref, mais ici, attention, pas de recette formelle comme on en trouve un peu partout dans les livres, sur la toile ou ailleurs. Car S'il fallait écrire la recette de la recette, et donc faire une métarecette (1), il faudrait probablement procéder de la manière suivante :

Ingrédients :
- Un titre
- Une liste d'ingrédients (2)
- Des mots du vocabulaire culinaire
- Un support visuel
- Des verbes à l'infinitif ou à l'impératif
- Des chiffres
- Des quantités, des unités de poids, volumes...
- Des paragraphes concis et expliquant la procédure culinaire
- Facultativement des photos

Donnez un titre à votre recette : clair, artistique, concis ou farfelu pourvu qu'il soit accrocheur, appétissant et représente bien le plat à réaliser. Établissez ensuite la liste des ingrédients nécessaires à votre préparation en précisant le nombre de personnes qui pourront déguster le plat de manière équitable. Précisez les volumes, unités, quantités, équivalences. Vous pourrez éventuellement mettre en exergue la difficulté, le temps et le budget inhérents à la recette.

Décrivez synthétiquement et clairement dans des paragraphes distincts avec des mots à connotation culinaire, la procédure exacte permettant de cuisiner le plat en question. Utiliser pour cela des verbes à l'infinitif ou à l'impératif dans le but de donner une directive dont dépend la réussite de la recette et qui n'est pas là purement autoritaire.

Intégrez, si vous le souhaitez, des photos pour illustrer les manœuvres décrites dans vos paragraphes.

Saupoudrez abondamment de vocabulaire culinaire. Mélangez-y des ustensiles, des techniques. Pesez vos mots. Ajoutez tout ce qu'il y faudra de comestible.

Concluez d'un « Bon appétit », sans oublier le temps de cuisson et la température si la recette l'exige ! Vous aurez là, en gros, le texte d'une recette clairement lisible.


S'il est pratique et permet de lire et relire, suivre une recette rapidement en diagonal et d'être rapidement opérationnel, ce modèle littéral est d'un ennui monstrueux, d'un conventionnel lassant, d'une banalité affligeante, nu de toute originalité.

Quand les recettes sortent un poil (3) de l'ordinaire, quand elles sont l'aboutissement merveilleux d'une intense créativité personnelle, pourquoi les asservir à un modèle littéraire fade, classique, rébarbatif et attendu ?

Pourquoi les recettes ne seraient-elles pas sous la forme d'histoires, de contes de fées, - Blanches Sauces et les 7 choux-fleurs ? - sous forme de poème – Sonnet pour Courgettes ? - sous forme de roman, de polar – Crime et brocolis– et pourquoi pas sous forme de Bandes dessinées – Aspergix et Oignonix...

Et si carrément on faisait passer tout ça au rang du septième art avec Le boudin qui murmurait à l'oreille des pommes (4) ou encore sur les planches d'un théâtre avec La salade imaginaire (5) !

Les recettes recevraient ainsi, comme les réalisateurs de grands films, les acteurs, les écrivains, des récompenses littéraires et artistiques prestigieuses. Mais, non, non, non, on ne les trouve décidément que sous leur forme habituelle et banale que ce soit dans les livres de cuisines, sur internet ou ailleurs. Un modèle trop réducteur quand la créativité culinaire est étonnante.


Bref, j'ai envie de m'amuser autant dans les casseroles, les assiettes, les verrines, les plats, les bols, les coupelles, les pôeles, les woks tout autant qu'avec les mots...Et l'important, quoiqu'il arrive, est de se faire plaisir !

Mais attention, ici, il n'y aura pas uniquement que des recettes, soient-elles ou pas présentées sous un format inattendu ! J'aimerai parler de cuisine en général et tenir ce blog me permettra très certainement de faire d'intéressantes recherches et découvertes …

Et ça commence quand tout ça ?

Je ne sais pas, il ne faut pas oublier que ce blog est un caprice tout comme le sont mes recettes, j'ai envie de cuisiner ci et rien d'autre, j'aurais envie ou pas d'écrire … et j'aurais le choix.



Sur ce je vous laisse, je pars taquiner mes casseroles !




(1)Méta est un préfixe qui est souvent utilisé pour indiquer l'auto-référence, soit pour désigner une mise en abyme, ici ce sera une recette qui parle de recette… Pour une scène de théâtre jouée dans une scène de théâtre ou un livre qui parle d'un livre ou le langage qui parle de langage, on parlera de métathéâtre ou de métalangage ou de métalivre. On pourrait se demander ce que pourrait être « La métacuisine », comment pourrait-on cuisiner la cuisine ?
(2) Tu le sens là, le « méta-ingrédient ? »
(3) Avez-vous déjà pensé au méta-poil ?
(4) Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que pouvait bien raconter un boudin à ses pommes fraichement rissolées ?
(5) Une salade Hypocondriaque ?